La synthétisation arbitraire du temps

 

 

"Que reste-t-il de l’instant ? Quelles sont les formes temporelles identifiables en thérapie ?"



Le temps participe activement aux délibérations de l’esprit, surtout quand il est suspendu, autrement dit quand un conflit se déplace depuis ses origines pour se trouver en permanence dans le présent. L’ici et maintenant, prôné en majorité par les cultures orientales, n’est pas un état temporel facile à observer, ou maintenir, il est sans cesse passé ou à venir, et l’esprit humain peine à s’y reposer, étant soit préoccupé parce qu’il a fait ou ce qu’il doit faire.



Prenons le trouble, le conflit, le symptôme et associons-le aux questions temporelles :


1)    La durée consciente :
« Depuis combien de temps êtes-vous affecté par ce trouble ? »


2)    La durée d’incubation du trouble : (qui sera peut-être découverte lors de la thérapie)


3)    Le temps de réaction :
« Quand vous êtes-vous décidé à trouver une solution ? »


4)    Le temps supposé, désiré du processus de guérison :
« Combien, de temps vous accordez-vous pour soigner ce trouble ? »


5)    Le temps réel du processus de guérison :
« Combien de temps sera réellement nécessaire à la réduction ou à la disparition du trouble ? »


6)    La reproduction de rythme temporel :
«  Y-a-t-il une corrélation entre le temps de réaction et le temps réel du processus ? »


7)    Le rythme d’adaptation du trouble : la patience, l’attente et la requalification inconsciente, l’adaptation, la transformation du trouble.
« Avez-vous le sentiment que le conflit profond et resté le même alors que le symptôme à changé ? »



Associons maintenant le sujet aux questions temporelles :


1)    Est-il plutôt patient ou impatient ?
« Il en a, le temps est avec lui. Il n’en a pas, le temps est contre lui. »


2)    Sportif ?
« Le temps accordé au corps, investit en vue d’un futur physique (peur de la déchéance) ou naturel car associé à un réel bien-être quotidien, à une énergie débordante incarnée. »


3)    Et la mort dans tout çà ?
«  Ici nous abordons le temps de la vie, le temps des croyances existentielles et religieuses. »


4)    Si vous découpiez votre semaine, combien de temps accorderiez-vous au travail, à la famille, à l’amitié, à l’amour, à la culture, aux hobbies ?
« Les temps sociaux et accordés à soi, temps de plaisirs ou de contraintes. »


5)    Les prédicats temporels ?
« Langage temporel durant la thérapie »



Le thérapeute et les questions temporelles :


1)    Le temps pendant lequel le thérapeute n’écoute pas son client, préoccupé par d’autres affaires :
« Combien de temps êtes-vous resté en autohypnose ? »


2)    Les questions temporelles que le thérapeute n’aime pas :
« Combien de temps pour la thérapie, combien de consultations ? »
« Vous exercez depuis combien de temps ? »


3)    Le temps des préjugés et des conclusions hâtives :
« Combien de temps passez-vous à vous moquer silencieusement, à juger tel pharaon le sujet qui paye pour votre aide ? »


4)    Le profil temporel du thérapeute :
« C'est-à-dire les mêmes questions temporelles que celles concernant le sujet »



La thérapie et les questions temporelles :


1)    La durée des consultations.


2)    L’intervalle entre chaque consultation.


3)    La durée totale des consultations.


4)    La durée totale de la fréquentation thérapeutique.


5)    La durée réelle ou supposée d’incubation des suggestions thérapeutiques.


6)    La durée ressentie des bienfaits thérapeutiques.

 


Soit au minimum une vingtaine de dimensions temporelles auxquelles il faut être attentif.

Le temps n’est pas linéaire, cette farce est juste le fait d’un illusionniste horloger.

 


Que reste-t-il de l’instant ?


Tout disparait, tout se transforme, tout meurt, même les secondes, les millénaires. Nous devons sans cesse faire le deuil de nous-mêmes, disparaissant à chaque seconde, suspendus dans l’inconnaissable instant. Inconnaissable car il est action pure, il n’a pas de réflexion suivit de réaction, il est l’action totale de par sa nature insaisissable. Pourtant il ne tire ni ne pousse, c’est l’esprit seul qui ressasse ou projette.



L’instant divin…
Il n’y a rien qui ne meure jamais, sinon l’instant.
Même à la fin des temps il sera là, un instant.
Il n’y a donc pas de souci à se faire pour l’instant.
(Génial, plus besoin de thérapie !)



En pratique :


La synthétisation arbitraire du temps est un pré-requis, comme pour les émotions il peut-être préférable d’embrasser l’ensemble pour y trouver ses propres repères. Comprendre éventuellement certains rythmes symptomatiques, etc. Cet outil est adaptable à toutes situations soumises au temps.

 

F.I.