La synthétisation arbitraire de la colère

 


« Quelles sont les manifestations de la colère ? »



Quand ces vésicules explosent elles mettent en marche des armes réflexes, que l’on pourrait aborder ainsi, du point de vue de la colère :


L’arme létale : La voix


Les mots font mal, et quoi qu’il en soit, ceux sont eux qui font le plus de maux. La voix, ce n’est que du vent et la colère le chant de la haine et de l’incompréhension.


La voix prend du volume, devient tranchante, elle poignarde, elle trahie, elle écrase, l’espace devient douleur. Son réservoir est branché en continu, juste un clapet facilement excitable avec une prescription de provocation.

 


L’arme coupable : Le regard


Le regard qui tue, qui juge, qui soumet. L’explosion de ses réservoirs (certainement très petits et à remplissage automatique) précède l’explosion de tous les autres. Cela informe du danger grandissant, imminent, pour signaler à l’autre l’urgence de la situation.


La naissance de ce regard rend l’observé coupable sans autre forme de procès, il y a basculement de la conscience et perte de contrôle.


L’arme cannibale : Les mâchoires


Serrer les dents, être crispé des mâchoires, montrer les dents. Elles sont puissantes, elles piègent les mots et refoulent l’inconscient.


La verbalisation devient inutile, ou elle rabâche, étouffant l’âme de ses couches insolubles. « Je vais te bouffer » ou alors je me dévore de l’intérieur.


Les mâchoires ont des réservoirs extensibles et les habitudes comportementales les rendent parfois plus grands ou peut-être est-ce leurs membranes (dues aux re-bachage) qui sont trop épaisses, jusqu’au bruxisme.


L’arme spastique : Les mains et les pieds.


Serrer les poings, griffer, gifler, taper, cogner, tabasser, brutaliser…

 

Lorsque ces réservoirs explosent et que leurs effets se manifestent, la raison peut parfois reprendre le dessus, comme si ces réservoirs contenaient quelque chose en plus, un message inconscient qui alerte en éclairant l’esprit de sa plus pure logique. Sinon, c’est la déferlante, la rouée, la torgnole qui souligne l’exaspération de l’esprit, son incapacité à résoudre, pimenté d’impatience et de domination.

 


Perdu dans la colère, il se débat comme un enfant, il repousse, redresse, omniscient baveux au service du chaos.

 


En pratique :


La synthétisation arbitraire de la colère et tout autant un calibrage personnel qu’un distributeur d’indices.

 

F.I.