La synthétisation arbitraire du vol

 



« Le Vol, le profit, le gain ? »



Mentir (voler la vérité), délocaliser (voler l’emploi local), se servir (voler l’entreprise), s’infiltrer (voler l’appartenance), s’immiscer (voler la confidentialité), s’introduire (voler l’intimité), forcer (voler le libre arbitre), usurper (voler l’identité), arnaquer (voler la confiance), s’accaparer (voler la ressource), faire sien (voler l’autre), tromper (voler le pacte), flouer (voler la transaction), maquiller (voler l’apparence), dévaliser (voler la valise), cambrioler (voler la chambre), détrousser (voler le trousseau), s’emparer (voler la part), chaparder (voler les petites choses), subtiliser (voler en finesse), extorquer (voler l’effort), etc.



Tout ce qui existe peut-être perdu au profit de l’autre, volé, dérobé, même la liberté, même l’esprit, même la société.


On ne peut voler que ce qui est possédé, possession, propriété, à soi, son, sien, mien, tien, notre, votre, leurs.


Possessif, exclusif en opposition à commun et libre (détaché).


Cela nous ramène à la vielle conclusion : pour être libre il ne faut rien posséder.


Doit-on aborder le profit et le gain ? Car au fond, gagner c’est voler la victoire, profiter c’est voler le bénéfice…
C’est bien la possession qui génère le conflit car elle est forcément génératrice de perte, alors que la liberté engendre la liberté.


-    C’est à moiJe l’ai perdu… (Aie)
Et
-    C’est… Perdu… (Tant pis)


Ou


-    Mon bateau vous plait.
Et
-    Le bateau plait.


Ceci est le message, sage. Si l’on garde « mon bateau plait », cette propriété génère des inquiétudes en liant l’émotionnel au matériel. Bien-sur, ce bateau a un rôle à jouer, au-delà de l’action d’achat, cette possessivité devrait se limiter à l’aspect pratique et non amoureux.


Il est difficile d’aborder cette notion de possessions de toutes natures. Comment parler de « son » corps, « mon » corps, « le » corps où je suis ?


Le corps… 1ere propriété… Et s’il n’était qu’un prêt ? Cela expliquerait pourquoi nous n’en prenons guère soin.


« Salut, tu m’avais prêté ce corps pour le voyage initiatique sur terre et je me suis bien éclaté, bien rigolé… Par contre navré pour le costume, je crois qu’il est foutu. »



Est-ce « mon » cœur qui bât ou « le » cœur que je ressens battre à l’intérieur de moi ?


Est-ce « mon » corps qui jouit ou est-ce moi (mon individualité) qui jouit à grâce ce corps ?


Est-ce « mon » pied qui souffre ou est-ce « ce » pied qui souffre à travers moi ?

La propriété intellectuelle ? Je n’ai rien inventé, tout m’est venu par l’esprit… De quoi pourrais-je prétendre la paternalité ?



-    J’ai envie d’acheter un bateau.
-    Très bien ! Pourquoi faire ?
-    Des promenades de la pèche et on verra…


Ou


-    J’ai envie de m’acheter un bateau.
-    A ouais ? Pourquoi faire ?
-    Pour me faire des promenades, tester mes cannes à pèches et je verrais…


Le bateau existe, seule la façon de s’y attacher diffère… Et les conséquences qui en découlent. La perte vécue soit dramatiquement, soit objectivement. In fine le bateau va disparaitre d’une manière ou d’une autre de notre champ d’expériences.


Si le bateau est utilisé et non possédé, il n’y a plus de perte et l’action d’achat pourrait-être vue comme une facilité pratique, techniquement valable ou viable, une coutume sociétale. Ici, l’utilisateur devient locataire omnipotent ou propriétaire temporel et temporaire.



-    La voiture est en panne, zut, il faut la faire réparer.


Ou


-    Ma voiture est en panne, fais chier, je dois la faire réparer.


Augmentation de pression garantie.



En pratique :


La Synthétisation Arbitraire du Vol nous invite à réévaluer notre rapport au monde en pesant les chaines de nos attachements. Cela permet de rester éveillé pour réagir et recadrer les comportements reflexes dissonants.


Ici encore, rien de nouveau, les esséniens pratiquaient déjà la suppression de la possession jusque dans le vocabulaire.

 

Est-ce "ma" vie ou "la" vie que je parcours dans cette existence ?

 

F.I.